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Jeudi 17 juin

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De 9h30-12h30 14h-19h

XIPE TOTEC, Dieu de la Fertilité

 

 La Renaissance, au coeur de la pensée Précolombienne

 

 

« Notre Seigneur l’Ecorché », Xipe Totec dans la langue Nahuatl, était l’un des Dieux Primordiaux des Civilisations

Mésoaméricaines (Ouest, Centre et Golfe du Mexique).

Les premières représentations apparurent à Xolalpan, près de Teotihucan, ainsi qu'à Texcoco, en lien avec la culture

de Mazapán, c'est-à-dire durant la phase Toltèque postclassique (IXe-XIIe siècle).Il fut adopté par les Aztèques

sous le règne d'Axayacatl (1469-1481), jusqu’à la phase ultime de cette civilisation, au moment de la Conquête des

Conquistadors espagnols. Dans le Mythe de la Création Aztèque : il était l’un des 4 Dieux Principaux, représentant

l’un des points cardinaux et dirigeait l’Est.

 

Dieu du Printemps et ordonnateur de la nature, Xipe Totec était associé à la fertilité, à la régénération des cycles

agricoles et à la guerre. Il était aussi le patron des Orfèvres.

Personnifiant le cycle de la nature et de la renaissance avec le retour de la germination, il était revêtu de la peau

d’une victime humaine sacrifiée, symbole de la végétation nouvelle qui recouvrait la Terre au printemps.

 

À l'approche de cette saison, au cours du mois de tlacaxipehualiztli (écorchage des hommes), le deuxième du

calendrier rituel aztèque, les prêtres mettaient à mort des victimes humaines en leur arrachant le cœur.  Ils écorchaient

ensuite les corps et revêtaient ces peaux, qu'ils teignaient en jaune et qu'ils appelaient teocuitlaquemitl (vêtements d'or).

Ce festival de la semainson du maïs était une des fêtes les plus importantes à l'époque .

Elle était communément célébrée sur deux autels circulaires : l'un pour sacrifier les captifs à travers des combats

de gladiateurs ou de flèches, et l'autre pour le dépeçage à la gloire de Xipe Totec. Les prêtres étaient vêtus de la peau

des sacrifiés, qui était ensuite déposée dans de petites cavités. 

 

 

 

 

Faite dans un basalte d’origine volcanique, notre sculpture intègre

toutes les caractéristiques et attributs du Dieu, chez les Aztèques

Il est représenté sous les traits d’un personnage masculin debout

sur un petit socle, jambes écartées, et à la position hiératique et

austère. La tête est couverte de la peau du sacrifié, et les ouvertures

de la bouche et desyeux laissent entrevoir le visage du prêtre

officiant ou du Dieu personnifié. L’arrière de la tête est gravé

d’un lien de maintien formant avec la peau sacrificielle un

masque sacré. Le haut du crane est creusé, faisant office de

réceptacle pour recevoir des offrandes.  Le nez est percé d’un

labret, nous renvoyant aux origines Toltèques de Tula, de Xipe Totec.

Les oreilles arborent de grosses boucles, signes de noblesse

et de puissance.

 

Le buste est lui aussi recouvert de la peau du sacrifié. Une couture sur le torse nous montre comment était appareillé

ce costume sanglant, tandis que le dos, encore plus explicite, nous révèle deux gros nœuds fait de liens finement représentés.

Le Bras droit est levé, la main creusée afin de porter l’attribut du Dieu, chicahuaztli. Ce sceptre, probablement en matière

périssable comme du bois, symbolisait la fertilité de la terre. 

 

 

 

Le bras gauche devait également être en bois et a aujourd’hui disparu, laissant apparaître la main pendante du sacrifié 

qui restait attachée à la peau pendant tout le rituel de 20 jours. Les contours du costume sont bien délimités, que ce soit

au niveau du cou qu’au niveau des jambes de la statue. Il est d’ailleurs mis en valeur par l’application d’un pigment

rouge sur la véritable peau du personnage. 

Une ceinture enserre le bas du ventre et retient un bandeau à motifs d’écailles qui révèlent l’envers de la peau du sacrifié.

C’est une caractéristique de l’art aztèque pour représenter la peau en décomposition et la symbolique de la renaissance

comme la mue d’un serpent.

Le trou au niveau du plexus solaire, selon certaines recherches de l’INAH, permettait de rendre vie à la Statue

et au Dieu, via l’introduction d’une pierre verte, pendant certaines cérémonies. 

 

La découverte du premier temple dédié à Xipe Totec a été annoncée le 3 janvier 2019. Ce site archéologique situé dans 

l’état de Puebla, à Ndachjian-Tehuacán, daterait du début du XIe siècle et aurait perduré jusqu’au XIIIe siècle.

Une importante sculpture du Dieu a été retrouvée, permettant de souligner l’importance du culte de Xipe Totec à

cette époque. 

 

Si la représentation du dieu est bien connue au travers des statues de terre cuite, ou bien encore de son iconographie dans

les Codex, plus rares sont les statues de pierre nous étant parvenues à ce jour.

Notre sculpture est à rapprocher de deux œuvres connues : un bel exemplaire conservé au National Museum of the

American Indian, à Washington, et un au Museum für Volkerkunde, à Bâle, où le dieu est représenté est assis en tailleur.

 

XIPE TOTEC - ENGLISH VERSION
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